Antigone le Borgne

Antigone le Borgne

Pierre BRIAND

1973 – ISBN : 978-2-251-60152-6 – 397 pages – format : 16x24 cm

Collection : Institut des sciences et techniques de l'Antiquité (ISTA)

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Sommaire

Avant-propos

Lacune de l'historiographie des diadoques (7-8) ; importance de la période 334-321 dans la carrière d'Antigone (8) ; nécessité d'études parallèles et complémentaires (8-9) Remerciements (9).

 

1ÈRE PARTIE  :

ANTIGONE PENDANT L'EXPÉDITION D'ALEXANDRE

(MAI 334-JUIN 323)

 

Introduction

 

Chapitre I. - Les origines d'Antigone

Né vers 383 (17) ; son père Philippos est inconnu (17-18) ; les témoignages d'Elien, V.H., XII, 43 et de Diodore XXI, 1 ne prouvent pas qu'Antigone est d'origine populaire (19-25).

 

Chapitre II. - Le stratège des Alliés (print. 334 - print. 333)

Pauvreté des sources (27).

A. Le titre d'Antigone

Les Alliés grecs dans l'armée d'Alexandre (27-28) ; Antigone est stratège des fantassins alliés (29) ; ce titre n'est pas révélateur de l'importance d'Antigone (29-30).

B. Le contenu militaire de la stratégie d'Antigone

Les Alliés ne sont pas engagés dans les grandes batailles (31-32), mais seulement dans les actions isolées (32-33).

Antigone et la Alliés après le Granique (34) ; Antigone ne participa pas à cette expédition, comme le montre Inschr. Priene, n° 1 (34-35).

Antigone pendant l'hiver 334/333 (35) ; n'a pas accompagné ses troupes à Sardes avec Parménion (35-37).

La stratégie d'Antigone : commandement fictif (37).

C. Antigone et Alexandre

La mission d'Antigone à Priène révèle la confiance d'Alexandre (37-40) ; fait partie des hetairoi (40) ; sa nomination à la tête de la Grande-Phrygie constitue une promotion (41).

 

Appendice Au Chapitre II  : Parménion Pendant L'hiver 334/3

Parménion n'a pas été chargé de conquérir la Grande-Phrygie, mais de conduire une grande partie de l'armée dans les quartiers d'hiver de Sardes (42-43).

 

Chapitre III. – Le satrape de Grande-Phrygie (printemps 333-juin 323)

 

I- L'installation d'Antigone dans son nouveau poste

Il a été chargé de réduire la place (45-46)

 

II- La Grande-Phrygie et Kelainai au début de 333

Limites de la Grande-Phrygie  : vers le nord (47), vers l'est (problème de la Lykaonie) (47-48), vers le sud (48), vers le sud-ouest (48), vers l'ouest (48- 49).

Kelainai, centre de communications (49) ; point d'aboutissement des grandes voies est-ouest : Voie royale (50), route du centre (50-51), route pisidienne (51) ; K. commande la passage vers Sardes et Éphèse (51-52) ; ses fortifications (52) ; son importance stratégique au début de 333 (52-53).

 

III-Antigone face à la contre-attaque perse en Asie Mineure après Issos (hiver 333/332)

Le texte de Quinte-Curce IV, 1, 34-35 et 5, 13 et les principaux commentaires (53-54) ; problèmes posés (54).

A. Les troupes perses  : puissance et dispositions tactiques

Un grand nombre de Perses a réussi à s'enfuir en bon ordre après Issos, sous la direction d'illustres chefs (54-56) ; ils s'installent en Cappadoce insoumise (56), puis en Paphlagonie (56-57), où ils instituent la conscription (57).

Antigone s'est donc mesuré à une armée très imposante (57).

L'offensive perse s'est déroulée sur trois fronts  : Cappadoce, Paphlagonie, Lykaonie (57-59).

 

B. Les objectifs stratégiques de la contre-attaque perse

Problème posé par le terme Lydia chez Quinte-Curce (59) ; erreur pour Phrygia selon Tarn, aux yeux duquel les Perses cherchent à bloquer les communications d'Alexandre (59) ; pour A. R. Burn, leur but est de porter la guerre en Europe (60) ; mais ni les textes ni le déroulement des opérations ne permettent d'accepter cette interprétation (60-63).

Ici, le terme Lydia ne s'applique pas au ressort satrapique, mais à la Lydie historique, c'est-à-dire à l'Asie en-deçà de l'Halys (63-65), que les Perses veulent reconquérir, en tirant parti des conditions exceptionnellement favorables (65-66).

 

C. Antigone, face aux Perses  : ses pouvoirs, ses forces militaires, son dispositif Antigone a été chargé par Alexandre de la défense de l'Asie cis-halysique (66-67) ; ce commandement extraordinaire a pour but de coordonner les efforts des satrapes (67) ; précédents achéménides (67-68).

Antigone n'a pas de ressources en hommes dans sa satrapie propre (68-69) ; il a disposé de renforts extérieurs  : les mercenaires de Kléandros (69) ; collaboration avec Kalas, Balakros, Néarque (70).

Caractère temporaire de ce commandement (70-71).

 

D. Conséquences et portée des victoires d'Antigone

Expulsion complète et définitive des Perses d'Asie Mineure (71-72) ; liberté des communications d'Alexandre avec la côte égéenne (72).

Les victoires d'Antigone amènent le Grand Roi à faire d'importantes concessions diplomatiques (73-74).

 

IV- L'administrateur et le «pacificateur» (332-323)

 

A. Antigone et l'Asie Mineure pendant l'expédition orientale

Prend définitivement en main, en 331 ou 330, la Lycie-Pamphylie qui est annexée à la Grande-Phrygie (75-76) ; comme Tarn l'a montré, Antigone est chargé de surveiller les grandes routes sur la portion ouest (76-77) ; ses places-fortes (77-78) ; ses troupes (78-79) ; ses succès dans son oeuvre de

«pacification» (79-80).

 

B. Antigone et la terre royale en Grande-Phrygie

Plutarque, Eumène 8 et les problèmes posés (80) ; interprétation « féodale » des termes tetrapyrgia-epauleis et sômata par M. Rostowzew et W. M. Ramsay (81-82) ; caractère inacceptable de cette thèse (83-87). – Conclusion (87- 89).

 

Conclusion  : Antigone et Alexandre de 333 à 323

 

Silence quasi total des sources (91-92).

L'importance dés fonctions d'Antigone doit être nuancée, car elles l'ont éloigné pendant dix ans du roi et de l'armée (92-93) ; leur durée renforce cette impression d'effacement, mais révèle aussi la permanence assez exceptionnelle de la confiance du roi (93-95) ; ses espoirs en 323 (95).

 

APPENDICE À LA 1ère PARTIE  : LES SOURCES DE L'HISTOIRE D'ANTIGONE ENTRE 334 ET 323, VUES A TRAVERS LES RÉCITS DU SIÈGE DE KELAINAI (PRINTEMPS 333)

 

A. Arrien, Quinte-Curce et la « source des mercenaires »

L'hypothèse de Tarn  : Quinte-Curce et Diodore ont eu accès à un compte rendu écrit par des mercenaires, que n'a pas connu Arrien (96) ; oppositions à cette thèse  : P. A. Brunt (96-97) ; en faite le silence d'Arrien sur la contre- attaque perse s'explique par la volonté de Ptolémée de centrer son récit sur Alexandre (97-98) ; Quinte-Curce et Diodore ont trouvé leurs informations dans un historien grec, peut-être Kleitarchos (98-99).

B. Alexandre, Antigone et la reddition de Kelainai (printemps 333)

Episode jamais étudié à fond (100) ; tableau synoptique des deux récits (100) ; contradictions entre le compte rendu d'Arrien et celui de Quinte-Curce (100- ; rien n'autorise à nier la valeur de Quinte-Curce (101-102).

 

1. Sexaginta dies

Pourquoi le texte du contrat transmis par Arrien ne porte-t-il pas la précision chronologique, que donne celui de Quinte-Curce (102) ? Ce délai laissé à la garnison s'explique par la situation stratégique générale au début de l'année 333 (103-105) ; le texte de Quinte-Curce doit être conservé (105).

 

2. Sénèque : «de Ira», III, 22, 4-5           106

Nombreux rapprochements avec le texte de Quinte-Curce (106) ; l'interprétation de C. F. Edson n'est pas acceptable (106) ; le texte fait bien référence à la fin du siège de Kelainai mené par Antigone (107).

 

C. Les réticences d'Arrien et les informations de Quinte-Curce

Conditions exceptionnellement favorables pour mener la Quellenforschung  : les sources d'Arrien et de Quinte-Curce sont non seulement différentes mais opposées  : Quinte-Curce = assiégés, Arrien = assiégeants (100).

 

1. Ptolémée, Alexandre et Antigone

Le récit de Ptolémée cherche à cacher le compromis conclu par Alexandre (109), à exagérer les difficultés du siège (109-110) ; ce sont des négligences volontaires (110). Les obscurités du texte n'ont donc pas pour but de nuire à la mémoire du Borgne (111).

 

2. Les informations de Quinte-Curce

Ne proviennent pas d'un historien d'Alexandre (111) ni de la soi-disant «source des mercenaires» (112) ; apportent 3 types de renseignements  : psychologiques, topographiques et officiels qui ont été mis en oeuvre par un historien grec de la fin du IVe ou du début du IIIe (112-113) ; Hiéronymos de Kardia correspond parfaitement à cette définition (113-115).

 

Conclusions

Quinte-Curce  : a fortement résumé Hiéronymos (115) ; a choisi cette version de préférence à celle de Ptolémée qu'il jugeait imprécise (115-116).

Arrien  : n'a pas fait preuve de beaucoup de jugement (116) ; mais cela n'a rien à voir avec une quelconque volonté de Ptolémée de nuire à Antigone (116- 117).

Le silence des sources entre 331 et 323 est bien l'expression d'une réalité dans la carrière d'Antigone (117).

 

2ème PARTIE  :

ANTIGONE, PERDICCAS ET LA PREMIÈRE GUERRE DES DIADOQUES

(Juin 323-Mai 321)

 

Introduction

Pauvreté de la documentation (121) ; orientation trop juridique des études modernes (121-122) ; problème de la rupture avec Perdiccas (123).

 

Chapitre I. – Antigone face aux décisions de Babylone (été 323)

 

A. Antigone absent de Babylone

Seul chef macédonien dont l'absence reste inexpliquée (126-127) ; ses raisons probables  : ne dispose d'aucun moyen de pression (127-129)  : sa non- participation à l'expédition orientale est un handicap insurmontable (129-132).

 

B. Antigone et la répartition des satrapies

Confirmé en Grande-Phrygie-Lycie-Pamphylie (132).

 

1. Une concession de Perdiccas? (133) ; en fait les résultats de la répartition et ses modalités (à l'intérieur d'un synedrion) rendent improbable cette interprétation (133-141).

2. Un succès d'Antigone ? (141) ; en fait, l’«importance» de la satrapie d'Antigone a décru (141-142).

3. Conclusion (142)  : la répartition des satrapies et des commandements constitue pour Antigone une rétrogradation de fait ; il est dans une situation d'infériorité par rapport aux autres diadoques (142-143).

 

Chapitre II. – La rupture progressive avec Perdiccas (automne 323 - automne 322)

I- La résistance passive aux ordres de Perdiccas

Problèmes posés par Plutarque, Eum. 3 (145-146).

1. Modalités, contenu et implications des ordres transmis à Antigone (146). – Ces ordres ont été donnés directement par Perdiccas (146-147) ; c'est Eumène (et non Antigone ni Léonnatos) qui reçut le commandement des troupes prélevées sur l'armée royale (147-149) ; – cela constitue pour Antigone (et Léonnatos) une humiliation insupportable (149-150) ; ce passage ne prouve donc pas des ambitions grandioses d'Antigone (150-151).

2. Le refus d'Antigone et l'échec d'Eumène (151) ; sur le plan militaire, l'échec d'Eumène est imputable à la défection de Léonnatos.

 

II- La rupture décisive avec Perdiccas

Perdiccas installe Eumène dans sa satrapie et augmente sa puissance en Asie ; le Grand Vizir décide de châtier Antigone (151-153).

Le procès contre Antigone (153) ; en tant que satrape rebelle aux ordres du Grand Vizir, Antigone a été condamné au sein du synedrion royal présidé par Perdiccas ; il était invité à venir y présenter sa défense (153-157).

L'autorité de Perdiccas et la fuite d'Antigone (157) ; la chronologie de Diodore (XVIII, 23-25) est très floue, contrairement à celle d'Arrien, Succ. 21- 24 (157-159) ; celui-ci rapporte l'événement nouveau qui explique la fuite d'Antigone  : le meurtre de Kynanè par Alketas, qui porta un coup décisif à l'autorité de Perdiccas, et facilita le départ d'Antigone pour l'Europe (159-161).

 

Appendice au chapitre II  : Leonnatos et Eumène (automne 323- printemps 322)

La tradition ancienne (Plutarque en particulier) montre que Léonnatos a préféré jouer sa carte personnelle en Europe plutôt que d'aider Eumène en Cappadoce (162-163) ; les arguments présentés par M. J. Fontana sont insuffisants pour détruire cette tradition concordante (163-168)  : responsabilités directes de Léonnatos dans l'échec d'Eumène.

 

Chapitre III.  : Antigone et l'union contre Perdiccas (fin 322 - début 321)

A. Antigone face à Antipater et Cratère

Les accusations portées contre Perdiccas sont connues par Diodore et Arrien

(170-171) ; problème de leur crédibilité ; effet foudroyant des exhortations d'Antigone (171-172) ; difficultés de convaincre Antipater et Cratère ; les accusations étaient fondées (172-174).

 

B. L'argumentation d'Antigone  : les usurpations et les ambitions matrimoniales de Perdiccas

 

1. Les ambitions matrimoniales de Perdiccas (174) ; en fait, Antigone ne pouvait pas en donner la preuve à cette date (175).

2. Les «usurpations» de Perdiccas (175) ; en fait, en quittant l'Asie, Cratère avait admis de facto que Perdiccas le remplaçait auprès des rois (175-177).

 

C.  L'argumentation d'Antigone : le meurtre de Kynanè

Valeur d'Arrien, Succ. 24 (177-178) ; arme décisive pour Antigone  : il s'adresse à deux personnages imbus des traditions macédoniennes (178-179) ; peut prouver que Perdiccas gouverne par la terreur contrairement au nomos macédonien (179-180) ; ces dénonciations rendent crédibles les intentions qu'Antigone prête à Perdiccas de passer en Europe et de s'emparer de la royauté (180-181).

D. Conclusion  : Antigone à l'orée de la guerre contre Perdiccas

Antigone a joué de facto un rôle important dans le déclenchement de la guerre, mais on ne petit pas faire retomber sur lui toutes les responsabilités

(182) ; nécessité de distinguer son cas de celui de Ptolémée (182-183) ; il ne pouvait pas se faire beaucoup d'illusions  : les accords de koinopragia ne prévoyaient pas de partage (183-184). Antigone reste à cette date un personnage relativement effacé (185).

 

Chapitre IV. – Antigone dans la guerre contre Perdiccas (printemps 321)

A. Antigone dans le fragment Reitzenstein

Ce fragment des Successeurs d'Arrien montre qu'Antigone a fait une incursion

en Ionie (186-187) ; depuis Reitzenstein, on pense que ce fait a joué un rôle déterminant et a permis à Cratère et à Antipater de passer sans encombre l'Hellespont (187-188).

B. Eumène à Sardes et Antigone en Ionie

Cette arrivée en Ionie se place au début du printemps 321 (189-190) ; à cette date, Eumène est venu à Sardes transmettre à Kléopatra les propositions de Perdiccas (190-191).

C. Antigone en Ionie, Cratère et Antipater sur l'Hellespont, et la fuite d'Eumène en Cappadoce

 

1. Les textes anciens et les problèmes posés (192) ; l'analyse comparée de Plutarque, Arrien, Diodore, Nepos, et Justin, prouve que Perdiccas a réuni deux conseils de guerre  : l'un en Pisidie ou Cappadoce, l'autre plus tardivement en Cilicie (192-195).

2. L'évolution de la stratégie de Perdiccas (195)  : une nouvelle comparaison des textes anciens révèle que Justin a mêlé les deux conseils de guerre, comme cela ressort aussi d'un doublet de Diodore (195-197). – Tableau synoptique des textes anciens (197).

3. Eumène et Perdiccas face à Antigone et à Cratère (198).

Nouveaux pouvoirs d'Eumène  : il est chargé de diriger toute l'Asie Mineure, et de commander les armées macédoniennes (y compris celles d'Alketas et de Néoptolème)  : c'est toute l'Asie Mineure qui est menacée (198-199).

L'arrivée d'Antigone en Ionie ne peut expliquer ce bouleversement (199) ; il faut donc accepter la chronologie de Plutarque (Eum. 5)  : ce Conseil a été réuni en Cilicie pour parer au danger nouveau présenté par le débarquement réussi de Cratère et d'Antipater (199-202) ; tableau synoptique des sources anciennes (203).

 

D. Antigone à Chypre et les événements d'Asie Mineure

Comment expliquer l'arrivée d'Antigone en Ionie et sa présence à Chypre quelques semaines plus tard (203) ?

1. Sylloge, I3, 409 (203)  : malgré de nombreux modernes, ce décret ne prouve pas qu'Antigone a été envoyé combattre les perdiccaniens de l’île ; il se réfère en fait à la guerre de 315/4 (203-207).

2. Antigone et la flotte d'Antipater (207)  : Antigone a la direction de la flotte ; il est parti (par mer) à la même date que Cratère et Antipater (par terre) (207-208) ; préside aux opérations de débarquement sur l’Hellespont ; envoyé ensuite en Ionie, pour rallier les cités et satrapes (208) ; d'où la fuite d'Eumène et le Conseil de Cilicie (209) ; s'il est à Chypre en mai 321, c'est qu'il a été chargé de suivre par mer la progression d'Antipater par terre vers la Cilicie et l'Égypte (209-211).

 

Conclusions

Antigone est constamment resté dans une position de subordination à cratère et à Antipater.

 

Appendices au chapitre IV

Kleitos, Perdiccas et Antipater (été 323 - été 321)

 

1. Justin XIIL 6, 16 ; c'est lors du Conseil de Cilicie que Perdiccas a confié à Kleitos une partie de la flotte (212-213).

2. JOEAI, XVI-1 (1913), IIn (214) ; ce décret doit être daté de l'automne 322, au moment où Kleitos faisait relâche à Éphèse sur la route de Macédoine à la Cilicie (214).

3. La mission de Kleitos et son passage dans le camp d'Antipater et de Cratère ; la mission confiée par Perdiccas s'insère dans la nouvelle stratégie définie en Cilicie  : Kleitos doit s'opposer en Ionie à la flotte d'Antigone ; il passe rapidement dans l'autre camp (215).

 

II- Les opérations contre Eumène et Perdiccas  : problèmes militaires et chronologiques

 

A. Les problèmes posés et le système chronologique d'E. Manni (216) Incapacité des auteurs anciens à suivre deux fronts synchroniques (216) ; la date de la mort de Perdiccas, 321 ou 320 (hypothèse Manni) ? dans le mois de mai (217) ; incohérences du système Manni (218-219) et du système Errington (219-220)  : il faut conserver la date de mai 321 (220).

 

B. Le déroulement des opérations sur les deux fronts (221)

 

1. Les ouvertures de Cratère (221-223).

2. Eumène face à Néoptolème et la progression de Perdiccas (223-226). Tableau chronologique de la première guerre des diadoques (227).

3. Le bien-fondé de la stratégie de Perdiccas (227) ; l'action d'Eumène a permis à Perdiccas de se porter sur le Nil (227-228).

 

Conclusion : Triparadeisos, les raisons d'une apparition au premier plan 229 Les phases antérieures de la carrière d'Antigone ne permettent pas de comprendre cette promotion (229-230) ; importance de la mort de Cratère

(230) et de l'effacement des protagonistes de la période 323-321 (230-231) ;

Antigone doit son poste à la confiance d'Antipater (231-233). L'opportunisme d'Antigone (234).

 

Appendice à la deuxième partie  : armée et phalange, de babylone à triparadeisos  : contribution a l'étude de l'assemblée macédonienne

 

Introduction

Influence de l'armée entre 323 et 321 (237-238) ; unité de la période 323- 321 (238-239) ; problèmes posés (240).

I- Les interventions de l'«armée» de Babylone à Triparadeisos

A. Modalités et signification de la « staffs» de la phalange à Babylone (été 323)

Importance de l'événement (240-241) ; cohérence de la tradition ancienne (241-243).

 

1. Vers la rupture (243) – décisions du synedrion, enregistrées par les seuls cavaliers (243-244) ; – assemblée séparée de la phalange qui acclame Arrhidée (244-245).

2. De la rupture à la « stasis-seditio» (246) – nouveau synedrion élargi à toute la cavalerie (245) ; – ambassade des cavaliers (245-246) ; – défection de Méléagre, choisi comme hégémôn par la phalange (246-247).

3. Perdiccas, Méléagre et la phalange (247) – Essai de Méléagre de faire condamner et exécuter Perdiccas (247-249) ; – souveraineté de l'Assemblée des phalangites (249-250).

4. La réconciliation (250) – Négociations entre la phalange et la cavalerie et conclusion d'un accord (250-252).

5. La nouvelle dégradation des rapports entre Perdiccas et la phalange (252)

la lustration ; – exécution de 300 phalangites (252-253) ; – condamnation de Méléagre par le synedrion de Perdiccas (253-254).

Conclusions provisoires (254) – Autoritarisme et brutalité de Perdiccas (254-255) ; – effacement de l'AA (255), lors du partage des satrapies (255-256) et lors de l'abandon des «derniers plans» d'Alexandre (256-258).

 

B. Réconciliation et nouvelle «stasis» : l'affaire de Kynanè (automne 323- automne 322)

 

1. Perdiccas, chef de l'armée royale (printemps-été 322) (258) – réexamen de Diodore, XVIII, 23, 2  : Perdiccas prend en main l'armée royale, mène les campagnes de concert avec Philippe Arrhidée, et rétablit la confiance avec la phalange (258-260).

2. Le meurtre de Kynané et la nouvelle «stasis» de la phalange (automne

322) (260) ; Alketas fait exécuter Kynanè, contre la volonté de ses troupes qui voulaient défendre la princesse (260-262) ; – la nouvelle stasis contraint Perdiccas à accepter le mariage entre Eurydikè et Philippe Arrhidée (262-263).

 

C. Perdiccas, Ptolémée et l'armée royale (printemps 321)

1. Arrien, Succ. 28 (263) – les accusations contre Ptolémée ont été lancées par Perdiccas à son arrivée en Égypte, mais ce n'est qu'après la mort du Grand Vizir que Ptolémée est venu parler devant l'armée (264-266).

2. Perdiccas et le recours à un procès (266) –comparaison avec la procédure entamée contre Antigone à l'automne 322 ; – Perdiccas a cherché à rétablir son autorité sur ses lieutenants et ses soldats (266-268).

3. L'armée unanime entre Perdiccas (268) – rôle du synedrion et de l'armée (268-269).

les raisons de l'échec de Perdiccas (269) –Valeur de la tradition ancienne (269-270) ; – permanence de l'opposition de la phalange depuis Babylone (270-271) ; – importance du soutien apporté par la cavalerie et le synedrion (271-272).

4. L'armée, Eurydikè et Antipater à Triparadeisos (été 321)

1. Les décisions prises en Égypte (début été 321) (272) ; – les condamnations contre les chefs perdiccaniens et le choix de deux épimélètes ont été votés par l'AA, mais préparés par le synedrion (273-274) ; l’AA retrouve son rôle normal (274-275) ; – unité de pensée entre le roi, l'armée et les chefs (275).

2. Eurydikè et la «stasis» contre Antipater (275) – Lutte d'influence entre Eurydikè et les deux épimélètes (275) ; – réclamations financières de l'armée contre Antipater (276) ; – AA réunie par Eurydikè pour juger Antipater, qui y est condamné  : rôle d'Antigone (276-277) ; – rétablissement de la situation d'Antipater (278-279) ; – différences avec la stasis de Babylone (279).

 

II- Essai d'interprétation

A. Assemblée de l'armée et assemblée des phalangites

Interventions décisives des soldats, mais effacement de l'AA entre 323 et 321 (279-280) ; – rôle décisif de l'assemblée des phalangites (APh) (280).

Caractères de l'APh  : spontanée, souveraine, très différente de l'AA (280-282). Comparaison avec l'assemblée des soldats athéniens de Samos en 411 (282)

analogie dans les caractères extérieurs (282), et dans les principes et les buts du mouvement (282-285) ; – signification de ces rapprochements (285- 286).

 

B. Assemblée du peuple et Assemblée de l'armée

 

1. Quinte-Curce VI, 8, 25  : le point de la question (286) – Recherches d'A. Aymard (287) ; – la thèse de Granier (287-288) et celle de P. de Francisci

(289) ; – doutes d'A. Aymard sur les conclusions de Granier (289-290). – Graves insuffisances de l'ouvrage de Granier ; pas d'étude terminologique  : l'expression oi Makedones (290-291), le mot populus chez Justin (291-292) ; pas de véritable démonstration (292-296) ; – nécessité de reprendre complètement le problème (296-297).

2. Assemblées et procès capitaux  : Cassandre contre Olympias ; Antigone contre Cassandre (297) – Pour mener le procès contre Olympias, Cassandre a préféré faire appel à l'assemblée de son armée ; Olympias aurait voulu convoquer l'Assemblée de tous les Macédoniens, c'est à dire l'Assemblée du peuple (297-299) ; c'est dans cette lutte autour du nomos macédonien que s'inscrit l'Assemblée de Tyr, qui condamne Cassandre, et qu'Antigone entendait présenter comme une Assemblée de l'armée traditionnelle (299-302) ; conclusions et problèmes en suspens (302).

3. Assemblées et acclamation des rois (303).

a. La prise du titre royal par Antigone le Borgne : exemple ou déviation? (303).

Les textes (304) ; – contradictions de Granier (304-305) ; – pléthos ni populus ne signifient armée, mais populace-peuple (305-306), de même qu'ochlos (306-307) ; trois étapes dans la prise du titre royal (307) ; – la cérémonie d'Antigoneia ressemble à celle de l’anadeixis des royaumes hellénistiques (307-309) ; – rôle passif de l'armée de Chypre (309-310) – caractère purement personnel de la proclamation d'Antigone (310).

b. «Peuple» et «armée» lors de l'avènement des rois en Macédoine (311). Absence ou indigence des textes dans les trois quarts des exemples étudiés par Granier (311 ; 314) ; – tableau des termes anciens (312-313) ; – étude de trois exemples fondés sur les termes populus et vulgus (314-316) – deux cas seulement où est assurée l'intervention de l'armée (316). Ces assemblées se déroulent dans la capitale, et mêlent donc civils et soldats (316-319).

La tenue de ces assemblées montre les sentiments de confiance entre le nouveau roi et le peuple tout entier (319-322).

4. Roi et stratège en Macédoine (323) – de nombreux textes montrent que les deux fonctions de roi et de stratège ne sont pas indissolublement liées, et que le caractère militaire du roi macédonien s'efface derrière son caractère religieux (323-327).

5. Armée et peuple  : guerre et paix (327) – L'AA n'est éventuellement convoquée que lors d'expéditions se déroulant hors de Macédoine (327-328) ;

bouleversement apporté par l'expédition asiatique d'Alexandre (328) ; – caractère très exceptionnel de l'AA, et normal de l'AP (328-330).

 

C. Assemblée de l'armée, assemblée du peuple, assemblée des phalangites .

 

1. «Vulgus» de Babylone et «vulgus» macédonien (330) – Les phalangites de Babylone se sont constitués en AP extraordinaire (330) ; l'APh observe vis à vis d'Arrhidée la même attitude que l'AP en Macédoine à l'égard du nouveau roi (330-331).

2. Phalange et cavalerie, paysannerie et noblesse, Assemblée du peuple et Assemblée de l'armée (332) – L'institution de l'AP est à mettre en relation avec la réforme de l'armée (332-333) ; – Aristote, Pol. IV, 13, 1297 b est la marque de l'évolution des institutions macédoniennes (333-334) ; – valeur politique de l'AP (334-337) ; – union entre le roi et le peuple contre la noblesse, et tentative de réaction de cette dernière à Babylone (337).

3. Continuité et spontanéité  : Alexandre et le «vulgus» macédonien (338) – Opposition entre Alexandre et la noblesse (338) ; – l'Assemblée réunie pour juger l'Philotas (338) ; valeur du récit de Quinte-Curce (339-340) ; – cette assemblée est composée d'hommes du train (339-342), et de la phalange à l'exclusion de la cavalerie (342-343) ; – le vulgus reste en Asie le support essentiel de la dynastie (343-345).

4. Conclusion (345) –L'APh de Babylone  : caractère apparemment révotionnaire, mais en fait exemplaire dans l'histoire macédonienne (345-346).

 

Conclusion

Importance des institutions collectives dans l'histoire de la période 323-321 (346-347) ; – modification des conditions avec le départ des rois pour la Macédoine à la fin de 321 (348) ; – coupure inexorable entre l'Asie et l'Europe (348-349) ; – signification de la prise du titre royal par Antigone (350).

 

Sources – Bibliographie – Index – Table Des Matieres

 

Sources

– Sources littéraires (253)  : 1. Remarques préliminaires ; 2. Liste des sources littéraires utilisées ; B. – Sources épigraphiques (357) ; C. – Sources papyrologiques (357) ; 7). –Sources cunéiformes (357).–

 

Bibliographie

 

Index général

 

Index des principaux passages cités et étudiés

 

Table des matières

 

Auteur(s)
Pierre BRIAND
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