Des pathologies sociales aux pathologies mentales

Des pathologies sociales aux pathologies mentales

Stéphane HABER (dir.)

2010 – ISBN : 978-2-84867-291-5 – 199 pages – format : 15x21 cm

Collection : Annales littéraires

Série : AGON

Disponibilité : En stock

9.00 €
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Résumé

Parler de « pathologie sociale » n'a rien d'évident, ni même, peut-être, d'innocent. En voulant marquer énergiquement notre désapprobation devant certains états de fait choquants, devant certaines situations irrationnelles ou immorales, une telle expression ne nous engage-t-elle pas sur une voie périlleuse, celle qui conduit à assimiler la société à un grand corps malade qu'il s'agit de soigner ? Face à ce légitime soupçon, cet ouvrage voudrait défendre et illustrer deux idées simples. La première est que l'usage du vocabulaire pathologique dans la théorie sociale ne repose pas nécessairement sur un organicisme dont les fragilités théoriques sont avérées depuis longtemps. En fait, il s'impose dès lors que, plus modestement, l'on constate que la vie sociale peut être affectée de contradictions ou d'insuffisances graves qui ne relèvent pas seulement de l'inefficacité économique ou de l'injustice morale. La seconde idée que cet ouvrage entend développer est que, en dernier ressort, parler de « pathologie sociale » constitue une invitation à regarder du côté des contreparties vécues, en l'occurrence corporelles et surtout psychiques, de ces contradictions et de ces insuffisances, dont les individus font concrètement l'expérience. C'est même en grande partie, voudrait-il montrer, parce qu'il y a du trouble psychique (du malaise, de la maladie, de la souffrance) susceptible de s'expliquer sociologiquement, donc parce qu'il y a des correspondances entre certaines formes de pathologies mentales et certains types de désordres dans l'organisation sociale, que le registre de la pathologie s'impose à la théorie sociale critique. C'est là une manière de retrouver une intuition ancienne dont la fécondité ne semble pas devoir être démentie de sitôt : les sociétés mal faites sont d'abord celles qui font courir aux individus qui les composent le risque de les priver des conditions objectives, institutionnelles et culturelles, de leur santé mentale.

Auteur(s)
Stéphane HABER (dir.)
Professeur de Philosophie à l'université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
Public
Étudiants, enseignants, psychologues, sociologues
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Soutien(s)
Département du Doubs