Annales littéraires

Responsable de la collection : Yvon Houssais

La collection Annales littéraires succède au service du même nom créé en 1954 à la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université de Besançon. Cette collection présente un riche catalogue et est structurée en une quinzaine de séries, dont quatre revues, soutenues par des équipes de recherches couvrant largement le secteur des sciences de l’homme et de la société.

  1. Paul Claudel. Partage de Midi.

    Paul Claudel. Partage de Midi.

    Anne UBERSFELD – 1999


    Partage de Midi a une caractéristique surprenante : c'est une pièce autobiographique, affirmée comme telle, écrite par Claudel, de son propre aveu, pour se délivrer d'un drame particulièrement angoissant et qui le laissait démuni. Mais l'auteur dramatique ne dispose pas d'un je qui lui permettrait de se dire : il n'est pas sujet de l'énonciation (au moins pour le dialogue), il n'y a pas de personnage particulier auquel il puisse déléguer sa propre parole. L'autobiographique dans ce texte pose donc une question que nous n'avons pas fini de trouver devant nous. Il est assez extraordinaire de voir un auteur dramatique mettre en scène sa propre histoire ; ici le projet autobiographique est consubstantiel à l'écriture : le drame n'est pas écrit à l'aide de matériaux autobiographiques, il est écrit pour être autobiographie, pour donner sens au biographique aléatoire. Jamais on n'a vu de cas plus flagrant d'intertextualité biographique : Claudel écrit et réécrit Partage de Midi, avec le sentiment d'écrire et de réécrire sa propre vie, comme si le texte biographique et le texte dramatique étaient l'envers et l'endroit du même texte.

    10.00 €
  2. Les âmes

    Les âmes

    Colas DUFLO – Jean ROBELIN (éd.) – 1999

    On ne dispute plus de la notion d'âme, on la laisse à l'abandon. Pourtant, ses plus violents critiques finissent comme Hobbes ou Nietzsche par lui rendre les armes : concept impossible et pourtant inéliminable, l'âme se glisse dans l'écart entre signification et référence, entre intention et information, entre désir et besoin pour investir la part d'indétermination de notre comportement, ainsi que la dynamique de l'interlocution : on ne trouvera jamais l'âme sans un scalpel ; mais les âmes habitent notre capacité de donner sens et d'assumer nos responsabilités.

    13.50 €
  3. Les Voisinages du Moi

    Les Voisinages du Moi

    Marie MIGUET-OLLAGNIER – 1999

    Marie Miguet-0llagnier réunit dans Les Voisinages du moi sept études portant sur des œuvres ayant un rapport oblique avec le projet autobiographique. De même que René Char s'est senti le voisin de Van Gogh et a chanté ce qui le reliait au peintre de la Provence, de même les auteurs étudiés se sont réclamés d'une famille charnelle ou spirituelle. Ils ont pu choisir de se dire à travers un personnage admiré de leur famille (Hélène Cixous, Serge Doubrovsky), ils se sont adressés à l'hagiographie, aux mythes gréco-latins (Claude Louis-Combet) ou judéo-chrétiens (Jean-Baptiste Niel), ils ont trouvé des émissaires dans la littérature et la peinture (Michel Butor, Claude Simon). Se montrant tour à tour du dedans (je) ou du dehors (il, elle, S.), ils se sont avancés masqués. Le voisinage s'est parfois dilué dans un paysage brumeux, celui dont Marguerite Duras n'a cessé d'estomper les contours.

    12.00 €
  4. L'amour du drap, Blin & Blin, 1827-1975

    L'amour du drap, Blin & Blin, 1827-1975

    Jean-Claude DAUMAS – 1999

    Prestigieuse entreprise lainière, Blin et Blin est une de ces sociétés familiales de taille moyenne si caractéristiques du capitalisme français. Fondée en Alsace à l'aube de la révolution industrielle par un modeste colporteur juif, transférée en Normandie après la guerre de 1870 et devenue le fournisseur attitré des grands négociants du Quatre Septembre et de la Haute Couture, elle incarne un siècle durant un certain type d'entreprises textiles, celles qui, fortes d'un savoir-faire incomparable, ont fondé leur réussite sur la recherche de la qualité et la conquête des marchés étrangers. Encore prospère dans les années 1950 grâce à un développement spectaculaire des exportations, elle a été incapable de s'adapter à la démocratisation de la consommation et à l'essor du prêt-à-porter et, comme tant d'autres entreprises textiles, a été emportée par la crise des années 1970. Exceptionnellement riches, ses archives permettent d'en faire une histoire totale -à la fois économique, sociale et culturelle. Tous les aspects en sont évoqués ; les techniques, du métier à bras au métier à tisser sans navette -les lieux de production, de l'atelier domestique à l'usine intégrée -le financement -les produits, des tissus cardés, beaux et chers, destinés à l'habillement -les ouvriers, qu'une habile politique sociale a attachés à l'usine -une culture d'entreprise originale qui associe culte de la qualité et paternalisme -et cinq générations de patrons qui forment une belle dynastie industrielle restée fidèle, après bien des métamorphoses, à la religion du fondateur. Sans oublier la transformation réussie de l'usine, vidée de ses machines et de ses ouvriers, en un bel ensemble immobilier à travers lequel survit à Elbeuf le souvenir de la draperie.

    26.50 €
  5. La femme et son image dans l'oeuvre de Victor Segalen

    La femme et son image dans l'oeuvre de Victor Segalen

    Laurence CACHOT – 1999

    La femme occupe une place privilégiée dans l'œuvre de Victor Segalen. L'exaltation de la différence, qui fonde son Esthétique du Divers, inscrit en effet la réflexion du poète sur l'essence de la féminité dans le cadre d'une appréhension plus large du monde et des rapports humains. La figure féminine se révèle sous des aspects variés, et parfois contradictoires, qui trahissent l'ambivalence des sentiments que l'auteur nourrissait à l'égard de la femme, compagne attirante ou menaçante, lumineuse et mystérieuse. C'est tout l'intérêt de cette étude, une des premières à aborder les écrits de Victor Segalen d'un point de vue thématique, que de faire ressortir l'extrême complexité de cette image omniprésente dans l'ensemble de l'œuvre.

    14.50 €
  6. L'Imprégnation biblique des Proses de Paul Claudel

    L'Imprégnation biblique des Proses de Paul Claudel

    André ESPIAU DE LA MAËSTRE – 1999

    Il suffit de feuilleter la Table des Matières de ces Proses de Claudel, pour constater la complexité exceptionnelle de la thématique du recueil : critique d'art (poésie, théâtre, peinture, musique, sculpture, architecture), confidences biographiques, expériences professionnelles, conversations socratiques, européennes, américaines, asiatiques, réflexions politico-économiques etc. Mais cette diversité ne fait qu'illustrer l'unité profonde de l'homme, de l'artiste et du croyant. Le recensement et la mise en valeur de centaines de citations bibliques qui émaillent ces textes contribuent singulièrement à souligner l'homogénéité profonde et l'originalité de l'inspiration. Le symbolisme mallarméen s'y révèle symbolique mystique sans rien perdre de son réalisme anthropomorphique ni minimiser sa perception « lebensbejahend » du mystère passionnant de l'Homme et du dramatique finalisme de l'Histoire. Exempt de tout triomphalisme simpliste, humaniste et croyant, Claudel garde toujours son « Œil qui écoute ».

    12.00 €
  7. La didactique des langues étrangères à l'épreuve du sujet

    La didactique des langues étrangères à l'épreuve du sujet

    Patrick ANDERSON – 1999

    L'objet de l'ouvrage est de montrer que les concepts forgés ou empruntés en didactique des langues (DLE) concernant l'apprentissage d'une langue étrangère présentent une remarquable homogénéité et qu'il n'y a pas de rupture épistémologique avec le cadre mis en œuvre dans les années 1960 (Cette thèse est en opposition avec les discours (légitimés) du champ qui privilégient un éclectisme de bon ton, et laissent de côté la dimension intersubjective du processus apprendre) et qu'il manque à la DLE une théorie du sujet qui lui permettrait de sortir du réductionnisme techniciste et du marketing pédagogique dans lequel elle s'inscrit. La réflexion est menée à partir d'une relecture des concepts dominants de la didactique des langues et plus particulièrement de la didactique du Français langue étrangère (FLE) et privilégie trois axes : - La question de l'exercice de la didactique et l'examen de sa constitution. - La définition de la langue mise en œuvre - La question du sujet et la question du rapport au savoir. Enseignant pendant 20 ans au Centre de linguistique Appliquée de Besançon, Patrick ANDERSON est Maître de Conférences au Département des Lettres de l'Université de Haute-Alsace à Mulhouse.

    20.00 €
  8. Pierre-Joseph Proudhon. Ecrits linguistiques et philologiques (inédits)

    Pierre-Joseph Proudhon. Ecrits linguistiques et philologiques (inédits)

    Jacques BOURQUIN (éd.) – 1999

    Pierre-Joseph PROUDHON n'a pas cessé de s'intéresser aux problèmes du langage. Des extraits inédits de ses Cahiers et d'un important manuscrit commencé en 1853, éclairent le rôle de la réflexion linguistique dans l'évolution de sa pensée depuis la préparation de sa première publication, une grammaire générale (1837), jusqu'à ses ouvrages majeurs, la Philosophie du Progrès (1853) et De la Justice (1858).

    18.00 €
  9. Entre les lames

    Entre les lames

    François MIGEOT – 1999

    La Chambre secrète, Le Miroir qui revient, La Jalousie, Souvenirs du Triangle d'Or On trouvera rassemblées ici plusieurs études sur différents textes d'Alain Robbe-Grillet, qui forment le parcours de lecture d'un analisant. Le terme, par la licence orthographique qu'il s'octroie, tend à souligner les liens qu'il entretient depuis la lecture avec son homologue analysant. Là, il y sur le divan une parole déréalisée, c'est-à-dire libérée des conditions pragmatiques de l'échange par le cadre de la cure ; ici, il y a couché sur le papier un discours suspendu, affranchi de l'épreuve de réalité par le cadre du texte littéraire. Pour que l'analyse s'engage, textuelle ou non, il faut y mettre du sien, reprendre à son compte l'énonciation restée en souffrance ; il y faut du transfert, il faut un sujet supposé savoir ou un texte supposé détenteur d'une énigme. Dans cette affaire, le texte n'est donc plus le patient supportant les violences d'une herméneutique. Il est le répondant d'une parole qui se construit entre ses propres mots, dans ses propres mots.

    14.00 €
  10. Linguistique dialogique et psychanalyse

    Linguistique dialogique et psychanalyse

    Philippe SCHEPENS – 1999

    Il s'agit ici d'un travail interdisciplinaire sur le rêve en psychanalyse. Le rêve suppose une activité représentative que le moi ne contrôle pas, c'est à dire un sujet divisé. Analyser, en linguistique, L'interprétation des rêves de Freud, c'était donc d'abord interroger les conceptions non-linguistiques, implicites ou explicites que se font les linguistes sur la question du sujet et expliciter mon propre arrière plan. Je me suis tourné vers le dialogisme du cercle Bakhtine. Cette première étape permettait de construire une conception du sujet comme « oscillant dans l'interdiscursivité ». J'ai ensuite comparé les travaux de la neurologie moderne sur le rêve avec les conceptions neurologiques de Freud. Cette comparaison montre à la fois l'invalidation de l'énergétique du modèle freudien et l'incapacité de la physiologie moderne à dépasser le behaviorisme et son occultation d'une théorie du sens. En passant ensuite en revue les concepts freudiens majeurs, et dans leur statut naissant, j'ai essayé de les redéployer dans un cadre de compréhension dialogique et interdiscursif. On aperçoit alors des données très riches : une conception originale du mot comme complexe de représentations, une modélisation des transformations de l'entour discursif du sujet dans le vécu onirique (les « processus primaires »), une pragmatique du récit de rêve (« l'élaboration secondaire », une rhétorique freudienne du mot d'esprit et du rêve, une grammaire du rêve, etc. L'auteur a d'abord travaillé pendant une dizaine d'années dans l'espace psychiatrique avant de devenir chercheur en linguistique, rattaché au laboratoire du Groupe de Recherche En Linguistique, Informatique et Sémiotique (GRELIS) à l'université de Franche-Comté.

    30.00 €