Espaces de vie de l'artiste : les enfermements à l'oeuvre

Espaces de vie de l'artiste : les enfermements à l'oeuvre

Nella ARAMBASIN (dir.)

2015 – ISBN : 978-2-84867-509-1 – 360 pages – format : 15*21 cm

Collection : Annales littéraires

Série : Recherches interdisciplinaires et transculturelles

15,00 €
OU
Résumé
En suivant les artistes et les écrivains dans l’enfermement de leur espace de vie, il s’agit de poursuivre un questionnement sur les modalités esthétiques de leur déplacement, en commençant par les situations coercitives les plus extrêmes, pour arriver à celles qui aussi librement acceptées qu’inconsciemment subies, passent par un développement fantasmatique de l’incarcération, voire par un désir d’enfermement. Ce cheminement n’est ni progressif, ni évolutif, il témoigne surtout des degrés de perception des frontières et de l’intériorisation des contraintes. Chaque contexte historique de l’enfermement révèle la difficulté et le pouvoir de dégager l’espace potentiel d’un jeu pour s’y mouvoir : hôpital psychiatrique ou camp d’internement, camp de la mort ou blocus, caserne et maison de redressement, mais aussi cour impériale, table d’écriture, chambre, atelier, île et limousine. Parce que l’esthétique permet chaque fois de saisir une dimension « pliée » à l’intérieur d’une clôture spatio-temporelle réelle, le cheminement à travers toutes ces cellules oppose un démenti aux dénis d’existence.
Dans une perspective internationale, transdisciplinaire et multi-artistique il est ainsi possible de comprendre comment Janet Frame, Wols, Jean Cayrol ou John Lehmann ont résisté à l’anéantissement, mais aussi comment Céline, Alexandre Vialatte, Jean Genet puis Marguerite Duras ont développé des espaces fictionnels à la mesure de leur enfermement. De manière radicale, il y a également ceux qui s’incarcèrent pour mieux s’incarner dans leurs œuvres, Balzac et Proust par le passé comme Margaret Atwood et Arnaud Cohen aujourd’hui. Mais c’est au crédit d’une redoutable invisibilité des carcans que les musiciens du siècle des Lumières finissent par rejoindre les écrivains contemporains (Deirdre Madden, José Pliya, Don DeLillo).
Sommaire

Introduction

Nella Arambasin

 

I. Les dehors du dedans : Mettre en abyme l'enfermement

Portrait de l’artiste en femme « folle » : Janet Frame

Claire Bazin (Littérature anglophone, université de Paris-Ouest Nanterre)

 

Les aquarelles de Wols au camp des Milles : « Nous sommes maints ‘Jonas’ »

Delphine Bière-Chauvel (Histoire de l’art, université de Lille 3)

 

Rêver dans les camps : Jean Cayrol, Charlotte Delbo, Primo Levi

Alain Parrau (Littérature française, université de Paris-7)

 

« L'attente dans des chaînes de brumes » : Création littéraire et expérience du blocus (1940-1943)

Françoise Bort (Littérature britannique, université de Bourgogne)

 

II. Cellules proliférantes : écrire à travars geôles et genres

Céline et la caserne : une prison à l’oeuvre ?

Odile Roynette (Histoire contemporaine, université de Franche-Comté)

 

Récits d’asile : histoires de « la folie qu’on enferme » (romans francophones du XXe s.)

Anaelle Touboul (Littérature française, université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle)

 

L’écriture carcérale de Jean Genet ou le fantasme d’écrire

Fabrizio Impellizzeri (Littérature française, université de Catane, Italie)

 

De Marie Legrand Obscur Donnadieu à Marguerite Duras, la folie maternelle à l'oeuvre

Jacques Jouvenot (Psychanalyste, auteur)

 

III. Détenus délibérés : s'incarcérer pour s'incarner dans l'oeuvre

L'incarcération volontaire de l'artiste balzacien

Maâtallah Gleya (Littérature française, université de Manouba, Tunisie)

 

La chambre dans A la recherche du temps perdu : salle d'hôpital ou scène de théâtre ?

Adeline Soldin (Littérature française, Boston university, USA)

 

La prisonnière et le pendu : le fantasme de l’enfermement dans l’écriture de Margaret Atwood

Jennifer Murray (Littérature anglophone, université de Franche-Comté)

 

Entre détournement et internement : analyse de la démarche géo-performance d'Arnaud Cohen (l’habitation de la coutellerie, 2003)

Ariane Cloutier (Sciences de l’art, université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)

 

IV. L’enfer-me-ment : l'art de démentir les carcans

Le musicien des Lumières dans la prison des interdits 245

Michelle Biget-Mainfroy (Musicologie, université de Tours)

 

Espaces en contrepoint ; une esthétique de l’enfermement chez Deirdre Madden

Christelle Serée-Chaussinand (Littérature irlandaise, université de Bourgogne)

 

Le rivage du monde ou l’île-prison : rhétorique de la fermeture et esthétique de l’ouverture dans le théâtre de José Pliya

Stéphanie Bérard (Littérature francophone, university of Virginia, Etats-Unis)

 

Entre immersion et émergence d’une esthétique de l’enfermement global

Nella Arambasin (Littérature comparée, iniversité de Franche-Comté)

 

Clôture

« Bunker », sonnet de Bertrand Degott (Littérature française, université de Franche-Comté) . 336

 

Index

 

Bio-bibliographie des auteurs

Auteur(s)
Nella ARAMBASIN (dir.)
Maître de conférence habilitée à diriger des recherches en littérature comparée à L’UFC.
Public
Enseignants et étudiants
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